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Le confinement en famille: cinq mots clés pour mieux le dépasser, deux fiches outils.

A la demande de plusieurs parents débordés par les obligations familiales et professionnelles, confinés et culpabilisés de ne pas tout pouvoir mener de front… : quelques principes/rappels qui pourront peut-être réconforter un peu? Le confinement en famille: cinq mots clés pour mieux le dépasser, deux fiches outils. Assurer deux, voire trois professions en même temps ( enseignant pour ses propres enfants, tâches professionnelles rémunérées, éducateur de crèche ou de maternelle, entretien et intendance des aspects vitaux et matériels de la vie à la maison) ce n’est pas du tout facile… Il est parfois sécurisant de revenir aux basiques en situation de crise.

1. Rassurer: par un respect mutuel, la parole …

En tant qu’adultes nous avons un rôle de pare-excitation et nous devons rassurer nos enfants devant la somme de nouveautés successives depuis quelques semaines, entre l’école à la maison, les interdictions de sortir comme on en a envie, le changement d’apparence de certaines personnes qu’ils peuvent voir passer avec un masque, l’inquiétude qui se lit sur les visages, les bribes de conversations qu’ils ont pu surprendre… Cela a pu créer une tension, parce qu’ils n’arrivent pas à y mettre du sens de façon globale et cohérente (selon leur âge) ou bien parce qu’ils peuvent se sentir en danger (danger sanitaire ou danger économique s’ils entendent parler de risque de perte d’emploi par exemple).
Le besoin de sécurité de l’enfant est ébranlé s’il garde l’image d’adultes effrayés et complètement démunis. Cela peut même entraîner des signes de dépression par perte d’espoir en l’avenir, perte de confiance en l’environnement pour une protection efficace, et également une perte de confiance en soi (grandir fort, en bonne santé et heureux devient inimaginable, car si même les adultes n’y arrivent pas, comment peut il y arriver lui…). Pour protéger nous avons un outil formidable:
l’écoute et la parole:
- écouter ce qui préoccupe réellement (il est inutile d’expliquer ce qu’est un respirateur artificiel, si lui, l’enfant, c’est juste la question de pourquoi il risque de tomber malade en jouant avec ses amis qu’il se pose…)
- répondre calmement lors de moments privilégiés (avec des mots simples et pourquoi pas des petits schémas?). Ses questions sont aussi importantes que les nôtres. Comme l’enfant est un grand observateur intuitif, on peut lui dire par exemple que c’est vrai que certains adultes ont peur, mais que tous ne sont pas aussi fragiles devant la maladie qui nous préoccupe. Et que les consignes de sécurité, les nouvelles règles, sont faites pour protéger aussi les parents.

D’autre part, pour rassurer encore d’avantage et rendre l’environnement familial prévisible, le simple fait d’avertir l’ensemble de la famille (y compris les enfants) quand une des personnes sort de la maison, est une attention nécessaire: cela contribue grandement à respecter le besoin de sécurité de chacun car beaucoup d’angoisses de maladie mais également de mort, circulent. Cela renvoie inévitablement à des angoisses de perte et d'abandon incontrôlables.

Organiser: concrétiser, matérialiser… des astuces qui ont déjà fait leurs preuves.

Le besoin de repères, d’un environnement prévisible et stable, fait partie des nécessités structurantes pour les enfants comme pour les adultes. Mais l’adulte est capable d’abstraction ce qui n’est pas le cas de l’enfant. Pour faciliter votre tâche vous pouvez matérialiser le temps qui passe et les différentes consignes de la journée par des petits dessins simples (pictogrammes) ou des images à découper dans des catalogues, des photos d’objets imprimées, à coller sur une fiche cartonnée… Une simple pince à linge pourra ensuite marquer pour les jeunes à quel moment on se trouve, ce qui est attendu d’eux, et ce qui va se passer ensuite. En effet, se situer dans le temps donne l’illusion de le maîtriser, ce qui est utile particulièrement dans une période où l’on peut avoir l’impression que personne ne maîtrise plus grand chose. Vous aurez ainsi l’avantage de pouvoir revenir vers ce tableau pour re-verbaliser ce qui n’est pas respecté avec un support concret, faire toucher, faire voir et rappeler ce qui a été décidé. En réalité les enseignants des petites classes se servent de cette forme d’outils, et survivent avec parfois plus de 25 petits bouts de choux… en changeant les activités régulièrement et en les rythmant par un retour régulier sur des repères de ce type avec verbalisation. (Un exemple de fiche outil et d’activités pour rythmer une journée est fourni ci après, cela pourra vous inspirer ou être adapté à vos besoins personnels en famille)
N’ayez pas peur de la répétition… elle est constructive car cela rassure de faire tous les jours un peu la même chose. N’ayez pas peur de frustrer un peu non plus. Selon Winnicott le parent suffisamment bon est celui qui est capable de suivre les possibilités de son enfant à faire face à de petites frustrations, pour acquérir peu à peu une autonomie à sa mesure: ni trop, ni trop peu de frustration, cela veut dire n’exiger de lui ni des tâches qu’il est incapable de réaliser seul, ni de tout faire à sa place. Mais plutôt valoriser ses réussites et encourager ses progrès, ses efforts. Accepter aussi qu’il ne sache pas faire ce qui pour nous parait parfois évident.
Le confinement en famille: cinq mots clés pour mieux le dépasser, deux fiches outils.

3. Décaler: nos idéaux, nos obligations…

Vous étiez peut-être contre les écrans, mais 24 heures c’est long ensemble, quand on doit télé-travailler en même temps. Donc si vous pouvez maîtriser le programme de ce que vos enfants regardent à des moments choisis, c’est déjà bien… et recourir parfois à l’audio-visuel, et aux technologies modernes peut laisser tout le monde souffler un peu.
Autre concession: l’enfant a besoin de mouvement et d’expression corporelle, c’est son besoin de développement et d’affirmation: il vous faudra peut être canaliser cette énergie par des petits concours de danse, de mime, de chants à tue-tête, des « courses minutées » pour le rangement d’une série de jouets, des « courses » à s’habiller, des jeux de rôle etc… en somme tolérer (ou challenger) un peu d’excitation nécessaire.
Dans le même ordre d’idée l’enfant a besoin aussi de « découvrir et d’expérimenter »: ce sera l’occasion d’organiser des petits ateliers improvisés pour les plus petits, de rire ensemble, de jouer avec des matériaux inhabituels (faire des dessins dans un plateau avec de la farine et les doigts, des empreintes de peinture-légumes sur une feuille de papier…), d’ imaginer des activités peu conformistes (découper des boudins de pâte à modeler avec des ciseaux, y piquer des allumettes pour fabriquer un objet en volume, déchirer des bandes de papier dans des magasines, découper des franges dans de vieux tissus?). Mais pas tout en même temps!
Même si ces activités ne doivent pas occuper toute la journée, votre présence nécessaire à certains moments vous obligera à vous organiser autrement que sur votre lieu de travail. Il se peut donc que vous soyez amenés à décaler vos horaires habituels, à morceler votre propre objectif (bien que ce soit difficile de travailler ainsi) pour ménager des moments de surveillance d’un adulte avec un enfant, mais aussi des moments d’activités communes, tous ensemble, pour les rituels, les repas, des jeux de société ou de l’activité physique à intercaler en famille dans la journée. Car l’enfant a besoin aussi d’amour. Ces intervalles complices réguliers de regroupement familial vont permettre que chacun puisse retourner ensuite à une activité plus autonome.

4. Limiter : les séries télévisées glauques, la sur-information…

Poser un cadre sécurisant, que l’on appelle « contenant » en psychologie, pour que les angoisses se réduisent, c’est poser des limites. On évitera pour soi même comme pour les plus grands de vos enfants d’enchainer les épisodes de séries glauques, violentes qui vont produire l’activation d’émotions et d’hormones communes à la tristesse, à la peur et à la dépression par identification aux personnages des fictions, pendant des heures et des heures. Avoir envie de regarder une série jusqu’au bout est compréhensible, mais ce n’est pas sans conséquences sur le moral. Choisir d’alterner les films anxiogènes avec les émissions instructives et les comédies, peut être entendu et soutenu par un vote avec les adolescents de la famille : on peut se sentir particulièrement déprimé à certaines périodes, sans comprendre que c’est lié à ce que l’on écoute ou à ce que l’on regarde en boucle. Dans le contexte actuel ce n’est pas le moment de se laisser prendre à ce piège! De même regarder les actualités et journaux télévisés tout au long de la journée peut avoir des effets sur l’ambiance familiale, ainsi que sur l’humeur des enfants qui « entendent » et « voient » malgré eux le programme des adultes. L’inconditionnel/le des chaines d’informations en continu, mettra des écouteurs !?

5. Construire: des lieux de travail distincts, des petits contrats, des règles nouvelles, timers, une hiérarchie…

L’expérience du confinement va donc vous amener à activer votre créativité. En terme de repères il est important
  • soit dans l’espace de votre appartement,
  • soit avec des repères visuels dans la journée,
que les champs de travail obligatoire soient bien définis et distincts. Certes, déménager à chaque instant un plan de travail installé est difficile, mais en recouvrant vos affaires d’un simple drap par moments, permettra par exemple à l’enfant de bien distinguer quand vous êtes disponible, et quand vous ne l’êtes pas pour lui. A l’aide de la fiche jointe avec cet article, on pourra négocier aussi des petits contrats clairs et simples. Les boites à musiques peuvent également permettre de combiner une limite, de la patience et de la bonne humeur: (« Quand la musique est finie on doit tous être à table, et le couvert installé! » par exemple …). Il est possible aussi de définir, pour des temps limités et des circonstances précises, une hiérarchie liée à l’âge des différents enfants : par exemple, « pendant que je travaille à mon ordinateur (la première heure) ce matin, c’est Alfred (12 ans) qui commande, et ce n’est pas discutable! ». Cela ne peut bien sûr fonctionner que si chacun a déjà des activités pré-organisées par l’adulte. C’est une preuve de confiance qui peut même changer de destinataire selon le moment et l’activité des enfants, leur âge, la durée…
La sécurité restant bien sur le souci prioritaire.

Conclusion

Il ne reste plus qu’à souhaiter que cette crise sanitaire trouve vite une fin salutaire, et que ces moments forcés en famille deviennent rapidement d’ancien beaux souvenirs de cohésion familiale malgré les petits conflits inévitables dans une fratrie. Surtout ne pas oublier en tant que parent de se faire confiance et de se reposer aussi. Etre indulgent avec soi-même, et demander aux enfants de seconder dans les tâches quotidiennes, apprendre de nouvelles façons d’aider: en famille: cela fait partie des transmissions. Bon courage à tous.
Catherine DELAUNE PARASSOURAMIN
Psychologue clinicienne - Psychothérapeute

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